Visite d'usine : Tricoflex bientôt 70 ans et pas une ride

, mis à jour le 20/08/2026 à 17h45
Image
bd-Tricoflex Usine

Si le nom Tricoflex est connu de certains, surtout des plus anciens, l’entreprise s'est montrée bien réservée au fil du temps. Même son nom sur le fronton de son usine est d’une grande discrétion. Et elle ne s’était jamais ouverte à la presse malgré son âge canonique. C’est aujourd’hui chose faite à la veille de ses 70 ans ! Une première très attendue, enrichissante et prometteuse.

Partager sur
Image
usine

« Pour vivre heureux, vivons cachés », dit l’adage qu’a longtemps mis en œuvre Tricoflex. Mais faire connaître et reconnaître ses savoir-faire, au-delà de ses clients traditionnels, devient nécessaire dans un contexte de concurrence toujours plus vive et plus internationale. Encore plus quand le contexte géopolitique perturbe l’accès aux matières premières à des coûts « acceptables ». Un pas que vient de franchir cette PME industrielle française à la veille de ses 70 ans. 

La marque Tricoflex fut déposée en 1957 pour protéger le premier tuyau en PVC renforcé par une armature en tricotage. Depuis, l’entreprise a progressé. En 1982, elle lance son premier tuyau multicouche. En 1993, c’est le Super Tricoflex avec des couches de PVC expansé. À partir de 2021, elle commence à intégrer des matières plastiques recyclées avec, en 2025, le lancement du Tricogreen, le premier tuyau certifié LNE*. 

Image
 bd-Glemas Tricoflex spiralé.jpg

40 millions de mètres de tuyaux par an !

Aujourd’hui, elle propose un catalogue de plus de 1000 références dans 60 types de tuyaux pour couvrir la majorité des usages professionnels et industriels. Tous sortent de son unique usine de Vitry-le-François (51). 

D’une superficie de 69 000 m2, elle abrite 14 lignes de production. Sa capacité annuelle représente 40 millions de mètres de tuyaux. Chacun est directement conçu dans son laboratoire de R&D installé sur place. Toutes ces solutions sont développées, formulées et contrôlées à partir des usages du terrain et des demandes de ses clients. « Nos ambitions, pour 2030, reposent sur trois orientations complémentaires, pensées pour renforcer la performance industrielle, maîtriser l’impact environnemental et améliorer la valeur d’usage des solutions proposées, précise Mathieu Pérard, directeur général. Cela se traduit, depuis 2025, par un investissement de 2 M € par an, soit 5 % de notre CA de 38 M €. » 

Image
 bd-Glemas Tricoflex X André, JC Sueres et M Pérard (de g à d).jpg

Sécuriser le sourcing 

Image
récupération tuyaux

Le gros de l’effort se porte sur la maîtrise des ressources de matières premières (10 000 t par an) qui représentent de 60 à 80 % du prix de revient quand l’énergie est à 10 %. « Notre premier objectif est de sécuriser nos fournisseurs, plutôt européens, afin de mieux gérer les risques, notamment ceux qui sont liés aux contextes géopolitiques, explique Xavier André, directeur technique, innovation et qualité. Dans le même temps, nous travaillons à l’optimisation, de nos formulations avec l’intégration toujours plus importante de matières recyclées. »  

Tricoflex utilise ses chutes de production et des rebuts industriels comme les revêtements de sol, mais aussi des tuyaux de jardin usagés dans le cadre d’Ecomaison. L’entreprise dispose d’une unité de recyclage intégrée. 

L'intelligence artificielle pour moins de déchets

Parallèlement, Tricoflex améliore sa performance industrielle en développant l’automatisation et la numérisation des tâches les plus basiques. La PME s’est également lancée dans l’exploitation de l’intelligence artificielle pour optimiser les opérations et diminuer les coûts de maintenance. « Réussir à diminuer de 1 % les déchets représente un gain de 100 000 € », confie Xavier André. Les efforts portent également sur la recherche de matières alternatives susceptibles de réduire l’empreinte environnementale. « Notre démarche d’intégration de matières recyclées est déjà déployée sur 31 % de notre gamme, fait remarquer Jean-Christophe Sueres, directeur commercial & marketing. Nous sommes certifiés « Incorporation de matières plastiques recyclées » (MPR) par le LNE*. Le Tricogreen est notre première concrétisation avec une incorporation de 80 % de matières plastiques recyclées. » 

« Notre priorité est d’intégrer toujours plus de MPR, poursuit Mathieu Pérard. Et notre objectif est une croissance de notre CA supérieure à 30 % avec l’incorporation de plus de 50 % de matériaux recyclés. » Reste à maîtriser cette ressource, très hétérogène, surtout pour les tuyaux post-consommateurs. À suivre.

 Patrick Glémas

 * Laboratoire national de métrologie et d’essais

Tricoflex, une entité du groupe Exel Industries

Image
hozelock

Longtemps indépendante, Tricoflex avait rejoint Hozelock au tournant des années 2000. Depuis 2012, cette entité fait partie du pôle Loisirs du groupe Exel Industries basé autour des marques Berthoud et Tecnoma de pulvérisateurs pour le jardin. Un pôle qui s’est renforcé avec l’arrivée, en 2022, de GF Garden, un spécialiste italien de l’arrosage, et, en 2023, de Devaux et Duchesnay, deux entités spécialisées dans les outils de jardin. Cette structure, qui a intégré des activités nautiques en 2021, réalise un CA de 142 M € quand le groupe Exel Industries fait 983 M € de CA.

 

Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire