Sondage : le pire dans un logement c'est la chaleur, pas le froid (Ifop/Leroy Merlin)
La chaleur c'est insupportable ! Quand on parle de problème dû aux aléas climatiques les Français sont 41 % à citer les fortes chaleurs et 20 % le froid. La chaleur pire que le froid au point de faire déménager ou fuir sa maison. Près de 19 millions de Français ont déjà été contraints de quitter temporairement leur logement à cause des fortes chaleurs. Voilà l'un des enseignements du tout nouvel observatoire Leroy Merlin, réalisé avec l' Ifop du 3 au 17 juin 2026 auprès de 6 000 Français, sur un thème d'actualité le confort d’été
Il faut bien l'avouer c'est l'isolation contre le froid qui a jusqu'ici obsédé les autorités et le commerce. Mais en ce moment tout le monde a oublié la "passoire thermique" au profit de la "bouilloire thermique" . Dépassé un certain seuil, la chaleur devient insupportable et peut avoir plus d'effets que le froid. On a jamais vu des Français se battre pour acheter des radiateurs dans un commerce, ni fuir en masse leur logement quand il fait - 5 ! (- 30 ce serait peut-être une autre histoire)
L'observatoire Leroy Merlin met en lumière l'ampleur du phénomène. Mené par Leroy Merlin Source avec l'aide de l'Ifop cette étude met d'abord l'accent sur les jeunes adultes "grands oubliés du confort d'été" révélant une "autre forme de vulnérabilité", "moins visible" celle des jeunes adultes : 92 % des moins de 30 ans rencontrent au moins une difficulté liée à la chaleur dans leur logement (contre 80% en moyenne nationale), 57 % ont déjà dû le quitter temporairement, 70 % déclarent un impact sur leur santé physique ou mentale, et 65 % envisagent de déménager définitivement. Mais il est vrai aussi que les jeunes sont par définition plus mobiles, moins riches et plus mal logés ... autant de critères qui peuvent expliquer ces chiffres. Sans doute Leroy Merlin pourrait y voir une cible à aider par des produits accessibles même si au final ces jeunes restent moins sujets à des risques sanitaires que les personnes âgées. Il y a moins urgence !
Si les 2/3 des jeunes sont prêts à déménager à cause des températures, les Français dans leur ensemble sont 36 % ce qui reste énorme. Sans surprise ce chiffre passe à 42 % en Île-de- France et atteint 61 % parmi les habitants de logements très mal isolés.
Un francilien sur trois fuit son logement
Dans les faits les Français s'exilent provisoirement . Il ne s'agit pas d'un déménagement définitif mais 19 millions de nos concitoyens annoncent avoir déjà dû quitter temporairement leur logement à cause de la chaleur, ne serait-ce que ponctuellement. Ils sont 60% des 18-24 ans, 48% des 25-34 ans et 53% des moins de 35 ans. 36% des Franciliens déclarent avoir quitté leur logement à cause de la chaleur. C’est plus qu’en Bretagne (20%), en Nouvelle-Aquitaine (22%) ou encore dans le Grand-Est (23%).
Autre constat très intéressant 74 % des Français ont été confrontés à au moins un problème lié aux aléas climatiques dans leur logement au cours des deux dernières années. Parmi eux, les fortes chaleurs arrivent en tête (41 % des citations), loin devant l’humidité (21 %) ou le froid (20 %). A relativiser bien entendu car les questions ont été posées en plein moins de juin mais il n'en reste pas moins que le froid est deux fois moins cité que le chaud !
Leroy invente la... thermoéducation populaire
Ce qui est passionnant c'est qu'entre les deux l'un parait plus insupportable que l'autre : 30 % des Français estiment que leur logement peut devenir inhabitable lors des épisodes caniculaires ( cette proportion atteint 43 % en Ile de France) On trouve des solutions simples contre le froid mais contre la canicule, c'est compliqué. 90 % ont bien modifié au moins une habitude pour faire face à la chaleur : fermer volets et fenêtres le jour (63 %), aérer la nuit (61 %), limiter l’utilisation des appareils produisant de la chaleur (35 %). Mais il faut souvent faire plus et 63 % ont également investi dans des équipements durables : climatisation (25 %), travaux d’isolation (21 %) ou pose de protections solaires extérieures (18 %).
« Nous n’avons pas une culture de la chaleur en été aussi riche que celle qui consiste à passer l’hiver bien au chaud. Une approche qui part des corps et agit à l’échelle de l’aménagement redonne des leviers d’action aux occupants, même locataires. L’enjeu est autant culturel que technique : de la «thermoéducation populaire» pourrait permettre à toutes et tous de retrouver une capacité d’action sur son environnement », décrypte Lucile Sauzet, chercheuse partenaire de Leroy Merlin Source
Les solutions
L’étude met en lumière un constat majeur : les logements très mal isolés sont les premiers touchés par les fortes chaleurs. 61 % de leurs habitants jugent leur logement inconfortable en période de canicule, soit plus du double de la moyenne nationale (27 %). Les Français en ont pleinement conscience : les logements mal isolés, essentiellement ceux construits entre 1946 et 1970, sont identifiés comme les plus difficiles à vivre l’été (52 % des citations). L’amélioration de l’isolation figure désormais parmi les solutions les plus efficaces pour 32 % des répondants. La pièce visée c'est la chambre, édans laquelle il fait trop chaud pour 30 millions de Français tandis que 43 % ont des difficultés à dormir pendant les épisodes de fortes chaleurs. La chambre à coucher devient ainsi la pièce la plus difficile à vivre pour 46 % des Français, loin devant le salon (29 %) ou la cuisine (18 %).
« Les logements les plus mal isolés, construits dans les années 1946-1970 avant la réglementation thermique, sont en première ligne face à l’inconfort estival. À l’inverse, dans les constructions plus récentes, l’isolation classique d’hiver présente un effet « thermos » pervers : une fois la chaleur estivale entrée, elle y reste piégée. L’innovation permet de contrer cela via des isolants denses et des matériaux à changement de phase (MCP) pour stocker activement les excès de chaleur.