Castorama : une campagne au fil de l’eau
L’enseigne nordiste lance une campagne de sensibilisation à l’eau. Présentée officiellement dans son magasin de Grenelle, elle s’appuie sur trois leviers : pédagogie, démocratisation et solidarité. Objectif : sensibiliser à l’économie d’eau, et rappeler, bien sûr, que chez Casteau, … y’a tout ce qu’il f’eau !
Pour quelques semaines, l’enseigne se mue en Casteaurama et change de logo. Une modification (temporaire) tout sauf anecdotique. Elle officialise le lancement d’une campagne “Casteaurama”, placée sous le haut-patronage du ministre Serge Papin, Ministre des PME, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat et réalisée en partenariat avec les agences de l'eau. « C’est un symbole de changer de nom, il s’agit de mettre la préservation de l’eau au centre des préoccupations, explique Anne-Virginie Dissard, directrice RSE Kingfisher France. Ce changement de nom fait sens, car le sujet de l’eau est précieux. La prise de conscience augmente, mais le passage à l’acte se trouve souvent freiné ». Le premier frein est que 41 % des Français ne connaissent pas leur consommation d’eau, et un tiers ne sait pas comment procéder pour réduire cette consommation ou estime ne pas en avoir les moyens*. « L’enseigne est là pour répondre à ces questionnements, souligne la dirigeante. L’objectif est d’économiser un milliard de litres d’eau chaque année aux Français, avec l’aide des pouvoirs publics. Notre métier, c’est de proposer le choix des produits et le prix, mais aussi de faire en sorte que chaque projet dans la maison soit une opportunité de réduire la consommation d’énergie. C’est pour cette raison que nous lançons une campagne sur l’économie d’eau à trois leviers"
Premier de ces leviers : la pédagogie car selon une étude Harris Interactive/ Castorama, de mai 2024, les Français ne connaissent pas leur consommation réelle. Par exemple, ils ignorent souvent que la salle de bains représente l’essentiel de la consommation d’eau de la maison, à 54%*, devant la cuisine (28%) et le jardin. « Nous lançons un estimateur en ligne, qui donne une estimation de l’économie potentielle, par exemple en plaçant un mousseur. Souvent, le levier d’action passe par le pouvoir d’achat. C’est important de traduire cette économie d’eau en euros ».
Il est important aussi de sensibiliser les plus engagés, qui sont aussi les meilleurs ambassadeurs : les enfants. l'enseigne vise 1200 écoliers d’ici la fin de l’année avec des ateliers ludiques et concrets. " Nous leur remettons en fin de séance un kit (mousseur, sablier, etc.) ». Les magasins sont libres de contacter les écoles afin d’organiser ces ateliers.
Deuxième levier : la démocratisation : « Nous avons plus de 200 produits économes, notre métier est de les rendre accessibles" Castorama vends ainsi un kit « économie d’eau » à prix coutant, soit 4,50 €. "Nous avons des vendeurs sensibilisés au sujet dans les magasins, et nous avons créé une TGU (technical guidance unit, Ndlr) : une mise en scène de nos produits les plus vertueux ».
Dernier levier : La Solidarité
Au cœur de la stratégie RSE, il y a la fondation Castorama. « Nous sommes associés avec Soliha pour équiper 500 familles avec des kits économie d’eau. En devenant Casteaurama, nous avons voulu apporter notre pierre à l’édifice. Nous espérons que ce kit trouvera sa place dans tous les foyers ». « Cette démarche englobe la cuisine, la salle de bains et les toilettes, souligne Pierre Royer, senior manager Climat et Biodiversité Kingfisher. Par exemple, pour les toilettes, des kits en 3l ou 2,5 l, qui chassent bien avec moins d’eau- à comparer aux anciennes chasses qui consomment jusqu’à 9l ».
La campagne, présentée officiellement au magasin de Grenelle, sera présente sur les réseaux sociaux, en double page du catalogue et via une communication pendant deux mois dans tous les magasins, avec notamment des podiums.
L’enjeu de l’eau : embarquer tout le monde
« L’eau est le premier marqueur du changement climatique, indique Elodie Galko, directrice générale Agence de l’eau Adour-Garonne. La disponibilité de la ressource va se réduire, et c’est encore plus vrai dans le sud de la France. A l’échelle de la France, 2 milliards de m3 vont manquer ; dans le Sud-Ouest, c’est 1litre/2 qui ne sera plus disponible ». L’enjeu est de faire attention et d’économiser l’eau. La question qui s’est posée sur l’énergie se pose aussi sur l’eau. La dirigeante souligne que nous avons tous des leviers, notamment dans le quotidien. « Les premiers acteurs à avoir agi sont les industriels, qui s’adaptent par anticipation, note-t-elle. Nous les avons aidés 10 fois plus avant 2022 ». Parmi les industriels qui oeuvrent à réduire leur consommation, elle cite l’exemple de La Brasserie du Pays basque, qui a mis en place un process de réalimentation*. Et dans le monde agricole, il y a certes le goutte à goutte, mais d’autres pistes existent, comme les sondes, qui peuvent réduire jusqu’à 30% les tours d’eau. « L’enjeu est d’embarquer tout le monde, insiste Elodie Galko. Nous agissons avec les collectivités locales et les entreprises. L’action avec Castorama permet de prolonger ce que nous faisons au quotidien ».
*Etude Harris Interactive/ Castorama, mai 2024
** Cela représente 34 440 m³ d’eau économisés par an.