Vision 2035 : une journée au cœur du réacteur Leroy Merlin

, mis à jour le 28/02/2026 à 18h15
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Vision

Leroy Merlin a réactivé Vision, l’énorme réacteur à idées et à mobilisation des salariés, initiée en son temps par Damien Deleplanque. Cette livrée « Vision 2035 » a rassemblé 28 000 collaborateurs interrogés sur l'avenir au travers de 113 sessions sur 9 sites en France en janvier et février, avec 50 000 idées à la clé. Nous avons assisté à une de ces sessions dans un Center Parcs des Landes. Édifiant !

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accueil

Une IA signée Leroy Merlin au service des clients et des vendeurs, une salle de sport dans les magasins, un accès au logement facilité par l’enseigne pour ses salariés, une redistribution des invendus à petit prix avec tirage au sort, proposer aux salariés de s’engager dans la politique locale… Les idées fusent au Center Parcs de Beauziac, près de Casteljaloux, en cet après-midi ensoleillé du 12 février. 

En fin de matinée, plusieurs bus ont emmené les participants à cette nouvelle session et ramené ceux qui étaient arrivés la veille. Après un déjeuner pris sur le pouce sous une grande tente, une centaine de salariés des magasins d’Agen, Pau, Bayonne, Bordeaux, etc., sont entrés dans la grande salle sous les applaudissements des relais Vision et des animateurs du jour, dont Marc Renaud, leader de cet événement en France et aussi directeur de la communication interne et corporate de l’enseigne. 

 

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Travail Vision

1500 relais Vision bénévoles 

Ces mêmes « relais » sont sur le pont depuis presque un an ! Choisis parmi les volontaires en magasin, les relais Vision sont 1 500 en France, soit 5 ou 6 par magasin, et sont tous bénévoles. Ils avaient été réunis à Bordeaux en avril 2025 pour les embarquer dans cette aventure assez stupéfiante. Ceux du Sud-Ouest sont donc là, en train d’applaudir et d’accueillir les nouveaux arrivants qui, très vite, se divisent en une vingtaine de groupes de 7 ou 8. Dans la grande salle, les voilà qui s’assoient autour d’une caisse en plastique faisant office de coffre et se partagent des carnets Vision 2035 et des stylos. Il y a là aussi un ordinateur portable, dont on comprendra plus tard l’utilité. 

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agathe

Tous écoutent les animateurs introduire la session, expliquer le mécanisme de cette opération nationale dont on ne saura pas le coût mais qui, selon Marc Renaud, « représente un investissement financier et temporel considérable ». Le jeu en vaut la chandelle puisque « l'entreprise mise sur l'engagement et la richesse des idées des collaborateurs pour construire une stratégie d'avenir adaptée aux réalités locales et nationales ». Il est vrai qu’une grande part de la réussite de l’enseigne en France et dans le monde doit beaucoup à ces visions instaurées par le mythique patron Damien Deleplanque. Agathe Monpays lui a emboîté le pas. C’est d’ailleurs elle qui apparaît à l’écran pour exhorter les « collègues » à se lâcher. 

Ces idées nées dans les Visions

C’est dans ce genre d’échanges d’idées que sont nées des décisions telles que l’opération « Je bricole à l'école » (ateliers pour enfants dans les écoles), les horaires participatifs (les collaborateurs gèrent leurs plannings), la Fondation Leroy Merlin ou encore le smartphone pour chaque collaborateur. Et même si les idées ne sont pas toutes reprises, ces décisions ont le mérite d’associer chaque salarié à la vie de l’entreprise ; de se dire que les ordres ne tombent pas d’en haut mais viennent de tout le monde. Il faut désormais chauffer la salle et désinhiber les participants. 

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Marc renaud

Une équipe, des neuros-psychologues, une cuiller

Une équipe dédiée, composée d'une dizaine de personnes, a travaillé pendant deux ans avec des neuropsychologues et des spécialistes de l'intelligence collective pour concevoir le programme. Dans chaque cercle, chacun se présente en mode express, exprime une anecdote qui le résume puis, ensemble, les voilà lancés dans un premier exercice pour « dépasser nos limites ». Il s’agit d’imaginer cinq utilisations farfelues d’une cuillère. On a bien compris que Leroy Merlin se fiche de la réponse, mais c’est une manière de rire ensemble et de pousser les « collègues » à se lâcher. Et, de fait, ça marche… On entend de tout et surtout des rires : ici, une dame propose même de se servir de la cuillère pour se cacher un œil.

 L’énergie monte et Marc Renaud rappelle que ces sessions permettent justement de moissonner ces « éclats d’énergie ». « Vous êtes des éclaireurs », lancent les animateurs. Une fois la honte de dire des bêtises dissipée, les questions se font plus précises sur Leroy Merlin, en poussant à chaque fois à coucher sur papier les idées les plus décalées : « Quelles idées improbables aimeriez-vous concrétiser si tout était possible pour 2035 ? » L’entreprise veut éviter le conformisme. Pour trouver des idées « pépites », il faut pousser les salariés à couper les amarres. Dans chaque cercle, les idées pleuvent, mais les amarres restent solides. Certaines idées, comme la généralisation des rayons « presque parfaits », sont bien attachées à ce qui existe. D’autres se lâchent et rêvent d’un copilote IA — mais pas ChatGPT pour tout le monde —, un pilotage IA aux couleurs de l’enseigne.

Prendre soin des autres

 Le questionnaire s’affine et demande aux groupes de choisir parmi leurs propositions celles qu’ils veulent vraiment garder ou les plus importantes. Après une pause, un peu de relaxation les yeux fermés, des exercices collectifs sur la musique de Queen, le travail de réflexion reprend autour de l’entreprise humaine, « ce que l’on vit ensemble » (les liens, les relations, l’équité, l’ambiance…). Là, les idées deviennent plus revendicatives. Certains appellent à plus de respect, à prendre soin des autres, à prendre du temps pour son développement… D’aucuns imaginent déjà l’instauration d’un binôme dès le départ. On évoluerait sous la coupe bienveillante d’un alter ego et inversement, chacun veillant sur l’autre. D’autres, plus prosaïques, espèrent une salle de sport dans les magasins. Les techniques changent selon les questions, avec par exemple une idée notée sur une feuille que l’on fait tourner dans le cercle pour que chaque collègue vienne la préciser, l’affiner… comme si chacun ajoutait des compléments d’objet direct ou autres à une phrase initiale.

 

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Portraits

 

Une IA provocatrice 

Une fois que le tamis n’a gardé que ce qui brille, les cercles sont invités à se saisir de l’ordinateur devant eux et à entrer leurs idées les plus abouties. Et là, surprise ! Iris, l’IA de Leroy Merlin, secoue chaque cercle en provoquant nos ouvriers des idées : « Tu ne veux pas que Leroy Merlin forme des athlètes ? » répond Iris à ceux qui rêvaient d’un Basic-Fit dans le magasin. À ceux qui souhaitaient que le groupe propose des logements à prix négociés non loin du magasin, la vilaine Iris répond : « Vous prenez Leroy Merlin pour une agence immobilière ? » Choqués par ces provocations, certains ne retiennent pas quelques mots fleuris pour désigner Iris la provocatrice. Mais les animateurs ont prévenu : ne le prenez pas mal, elle est là pour vous challenger et obliger le cercle à argumenter pour défendre son idée. Plus tard ou le lendemain, d’autres thèmes seront abordés comme l’entreprise commerçante (« la manière de faire notre métier » : le sens du service, l’accompagnement, la proximité, la relation client, etc.) ou encore l’entreprise entrepreneuriale : notre état d’esprit (la prise d’initiatives, l’autonomie, la liberté d’entreprendre, le droit à l’erreur, etc.). 

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cercle

 

Une boîte de dingue dans 10 ans

Au final, Leroy Merlin interroge les participants par cette question : qu’est-ce qui fait que, dans dix ans, tu diras qu’on est dans une boîte de dingue en termes de culture ? Les salariés repartent le lendemain après une soirée de repas et de fête. Des carnets avec leurs photos de groupe rappellent qu’ils étaient là, à cette Vision 2035, qui a pour but de construire une Leroy Merlin du futur. Mais de nouvelles étapes attendent l’équipe dédiée à ce chantier colossal. Après la phase de préparation et de lancement (deux ans de travail), cette phase d’immersion et de génération d’idées (janvier-février) et ses 113 sessions pour 28 000 collaborateurs à travers 9 sites en France (ex. : Sud-Ouest, Camargue, Avignon, Trois Forêts, Ouest, Bretagne), commence la phase de collecte et d’analyse des idées (à partir de février), avec une prévision d’environ 50 000 idées traitées par un moteur d’intelligence artificielle utilisé pour catégoriser les idées. L’équipe cherche à identifier les « idées pépites » (celles qui n’avaient pas été envisagées) et les « trends » (tendances fortes). Puis commencera la phase d’écriture de la vision (février-juin), impliquant l’équipe centrale, la direction générale et le COMEX. En mars, l’entreprise consultera son « écosystème » (fournisseurs, associations partenaires, etc.) lors d’une journée dédiée pour recueillir leurs perspectives sur l’habitat et le business. 

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groupes
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session vision

Enfin viendra la phase de partage de la vision (septembre-octobre), partagée en deux temps : les « relais » et les directeurs seront informés de la vision, sous une forme encore à définir (vidéos, scénographie, etc.), puis ces « relais » disposeront d’une semaine pour organiser des sessions de partage adaptées à leurs équipes locales (choix du lieu, budget alloué par personne), reproduisant ou adaptant la présentation.

 

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