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Jardin : Le bon filon de l'autoproduction !

Pascale Benhaïem-Komlos
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Autoproduction

Manger des fruits et légumes issus de son potager, préparer ses propres conserves ou même désormais posséder ses poules et élever des abeilles... Renforcée par la crise sanitaire, l'autoproduction devient une véritable lame de fond qu’InVivo Retail compte surfer. Voici l’étude sur laquelle s’appuie le numéro de la jardinerie en France.

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Que l’autoproduction ait ses adeptes, ce n’est pas une nouveauté. Que les Lisas et les jardineries de proximité en fassent leur beurre, ce n’est pas un scoop non plus. Mais que l’autoproduction, le « potagisme » devienne un axe stratégique central « markété » par le premier acteur du marché de la jardinerie, lequel est aujourd’hui associé avec les plus grands investisseurs de la place boursière, et que ce même acteur vise le développement d’enseigne de vente de produits frais… tout cela devient un événement. Et pour soutenir cette stratégie, InVivo s’appuie sur une étude commandée à l’ObSoCo et réalisée auprès d’un échantillon de 4 000 Français du 17 au 27 janvier 2022, dont on vous fait profiter en partie. Résultat ? Deux tiers des Français interrogés (67 %) pratiquent au moins une activité d’autoproduction, soit 30,3 millions de Français. L'étude met aussi en avant de nombreux chiffres et constats qui attestent d'un phénomène de grande ampleur... qui pourrait bien inciter demain les jardineries ou les GSB à renforcer leurs offres et à miser sur l'autoproduction au sens large et plus seulement sur le potager…

Chiffres

59 % des Français ont un jardin
30,5 millions de Français pratiquent au moins une activité d’autoproduction
33 % ont un potager
12 % ont un verger
3 % ont un potager partagé
9 % des autoproducteurs depuis 12 mois sont des nouveaux pratiquants

Les six profils d’autoproducteur

Sociable
• Pouvoir transmettre mes connaissances et mon savoir-faire
• Éveiller mes enfants à certaines valeurs
• Passer du temps en famille
• Aider l’un de mes proches
 

Économe
• Faire des économies 
• Partager le résultat de ma production
 

Bien-être
• Me détendre, me relaxer
• Maintenir ou améliorer ma forme physique/mentale
• Embellir mon lieu de vie
 

Écolo
• Me rapprocher de/garder un lien avec la nature
• Contribuer à préserver la biodiversité et l’environnement
• Développer un lien avec/prendre soin des animaux
 

Indépendant
• Mieux maîtriser la manière dont les choses sont faites
• Avoir la possibilité de consommer des aliments bruts / frais / sains
• Être plus autonome et réduire ma dépendance vis-à-vis des entreprises/marques
 

Loisir
• M'occuper, passer le temps
• Faire quelque chose de mes propres mains
• Progresser, apprendre de nouvelles choses

Les produits champions de l’autoproduction

Le potager a la cote. Un phénomène qui n'est pas nouveau mais qui s'amplifie au fil des ans, comme le pointaient déjà du doigt les intervenants des jardineries, Lisas ou GSB lors de notre table ronde de mars dernier sur l'avenir de la distribution jardin. Pendant la crise sanitaire, l'engouement en la matière fut même tel que les fabricants de graines et semences potagères ont été incapables de produire suffisamment pour répondre à la demande des anciens « potagistes » comme de tous ceux qui se sont mis au jardin pendant la crise Covid (9 % de nouveaux pratiquants à l'autoproduction en général en 2021). L'étude ObSoCo confirme cette tendance puisque 33 % des Français interrogés ont un potager et que 3 % d'entre eux ont accès à un potager partagé. Parmi les pratiques phares de l'autoproduction, 53 % des Français cultivent des herbes aromatiques, 41 % des légumes et 32 % des fruits. Et si le potager fait partie de l'ADN des Lisas comme Gamm vert, Point Vert, Espace Emeraude... Jardineries et GSB ont aussi investi ce créneau porteur. L'étude montre aussi que 38 % fabriquent leur compost à partir de leurs déchets alimentaires pour nourrir les plantes et le sol et que 33 % d'entre eux réalisent leurs conserves. Enfin, dans des proportions moins importantes mais en progression, 10 % possèdent des poules et 3 % élèvent des abeilles.

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2 questions à Frédéric Guillet, Category Manager Jardin chez Apex

L’autoproduction est au centre de l’actualité. Rien de vraiment nouveau pour Apex ?

Effectivement, potager, basse-cour ou conservation des produits ont toujours été importants dans nos magasins en lien avec nos origines agricoles, mais le potager notamment reste un axe de développement, il a encore progressé depuis la crise sanitaire et cela continue...

« Proposer une sélection de variétés qui garantissent le succès »

Comment répondre aux attentes de tous les jardiniers ?

Avec une offre large dans les différents univers concernés… En commercialisant des variétés plus faciles à cultiver, résistantes aux maladies, notamment au mildiou ou des variétés plus goûteuses. Sans oublier le conseil de nos vendeurs experts car tout l'enjeu est que le potagiste, notamment novice, réussisse son potager et qu'il revienne. C'est notre rôle de spécialiste.

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L'autoproduction rend (tout le monde) plus heureux

67 % des Français pratiquent au moins une activité d'autoproduction et en moyenne, les personnes interrogées en pratiquent même 2,9. Autre enseignement de l'étude : l'autoproduction rassemble et touche toutes les franges de la population quel que soit l'âge, le niveau de revenu ou la situation professionnelle. Même si elle reste logiquement plus répandue dans les communes rurales qu'à Paris et chez les retraités qui ont plus de temps, tous s'y mettent, même les jeunes : parmi les nouveaux pratiquants, 14 % ont entre 18 et 24 ans. L'autoproduction est ainsi relativement transversale, alors que les motivations des pratiquants, elles, sont multiples. 91 % aiment consommer des aliments bruts, frais et sains, 86 % apprécient de faire quelque chose de leurs mains, 79 % entendent se rapprocher de la nature et 75 % souhaitent faire des économies. 65 % des pratiquants se disent aussi satisfaits de ces différentes pratiques qui leur procurent du plaisir ou du bien-être avec néanmoins des différences en fonction de la pratique (on apprécie plus d'avoir des poules que de fabriquer son compost). On constate même une corrélation entre les adeptes de l'autoproduction et le bonheur puisque ceux qui pratiquent se disent plus satisfaits de leur vie. Des chiffres appuyés par les « économistes du bonheur » dont les études mettent en avant que le faire soi-même renforce d'une façon générale l'estime de soi et donc forcément la satisfaction que l'on a de sa vie.

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Des activités à haut potentiel de croissance

Pour 54 % des pratiquants, l'accès aux connaissances ou au savoir-faire de base semble difficile et 61 % disent avoir envie de progresser (ces chiffres plus faibles pour la culture des herbes aromatiques augmentent avec le niveau de difficulté de la pratique comme le fait d'élever des abeilles). Un enseignement intéressant pour la distribution qui devra faire avec le manque d'expérience de certains et aider au choix en rayon comme à la pratique au jardin... Car l'autoproduction semble promise à un bel avenir : 51 % d'entre eux aimeraient s'investir davantage dans cette ou ces activités et surtout 64 % de ceux qui ne pratiquent aucune activité aimeraient s'essayer à au moins une activité d'autoproduction... Soit un réservoir de croissance plus qu'intéressant.

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Pascale Benhaïem-Komlos
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