Bazar au sous-sol du BHV : le brico réduit mais sauvé
Longtemps pilier identitaire du BHV Marais, le sous-sol dédié au bricolage se retrouve aujourd’hui en première ligne des bouleversements que traverse le grand magasin. Le rachat des murs en janvier par Brookfield Asset Management doit permettre à son exploitant, la Société des Grands Magasins (SGM), présidée par Frédéric Merlin de lancer son plan de relance — lequel prévoit notamment une réduction de la surface de vente, y compris dans cet espace historiquement emblématique. Reportage
Un sous-sol emblématique plongé dans l’incertitude
Au sous-sol du BHV Marais, les travaux s’éternisent et la
transformation tarde à se concrétiser. De larges panneaux noirs dissimulent les zones vacantes, rappelant aux visiteurs que le magasin traverse une phase de transition. Leur maintien prolongé nourrit le sentiment d’un magasin en suspens.
Au-delà de la polémique suscitée par l’arrivée de Shein en novembre dernier, les tensions avec les fournisseurs se sont accentuées. Plusieurs marques évoquent des impayés persistants. Depuis septembre, l’absence de réassort a vidé les réserves : les équipes passent leur temps à chercher des produits alternatifs, souvent jugés insatisfaisants par la clientèle. Résultat, la fréquentation s’est érodée — en particulier celle des habitants du quartier et des artisans, jadis fidèles au sous-sol.
Fournisseurs en retrait, chantier au ralenti Farrow & Ball a déjà quitté les lieux, tandis que d’autres marques s’apprêtent à en faire autant. Le rayon de peintures Hypnotik, lui, a été vidé de ses produits, ne laissant que les structures du stand en attente de démontage. Certaines marques, à l’image des carrelages Terrazzo, patientent encore dans l’attente du règlement de créances, utilisant le ralentissement du chantier comme levier de pression sur la direction du BHV Marais.
La SGM affirme néanmoins qu’un accord conclu avec le nouveau propriétaire prévoit « une somme importante pour régler les derniers retards » et précise avoir instauré depuis la rentrée 2026 un nouveau système de paiement inspiré des marketplaces, fondé sur un compte séquestre. Si les tensions ne sont pas totalement dissipées, les relations entre fournisseurs et direction semblent ainsi amorcer une légère accalmie.
Un futur sous-sol hybride : bricolage et alimentaire
Le projet prévoit une transformation profonde de l’espace. La surface dédiée au bricolage passera de 4 200 m² à 3 000 m², recentrée sur les produits essentiels : dépannage, droguerie, quincaillerie, électricité, outillage et salle de bains. En parallèle, 1 200 m² seront consacrés à une offre alimentaire sous l’enseigne Cerise et Potiron, spécialisée dans les produits frais — fruits et légumes, fromages, crèmerie, vins et épicerie. Une cohabitation surprenante entre bricolage et alimentation, dont la cohérence interroge. Selon l’intersyndicale, cette halle alimentaire devrait disposer d’une ouverture extérieure afin de fonctionner sur des horaires distincts du grand magasin.
Les accessoires pour animaux au 1er étage
Les accessoires pour animaux, eux, ne disparaîtraient pas mais seraient déplacés au premier étage. La fin des travaux est désormais annoncée pour mai-juin. D’ici là, le chiffre d’affaires du sous-sol continue de reculer — au bénéfice direct de son concurrent le plus proche, Leroy Merlin Paris-Beaubourg.